A friend once dropped this casual comment about me that triggered some thought in my dormant mind: ‘For you, comfort is a source of discomfort. You’d rather choose suffering, I guess’. This is so true that I can’t help feeling violated. I seem to always be seeking places and situations that will challenge most of what I thought I knew and sometimes cause utter discomfort. As soon as I start getting familiar with my environment, I feel guilty for having it easy and not being in the process of constantly having to adjust, re-shuffle habits and struggle to communicate. It is almost insane how much I can put up with while I am challenged enough, whereas I can’t take an inch of dissatisfaction when on ‘comfortable’ grounds. I’ll be onboard for anything that sounds like an adventure, go on the road with hardly any money, hitch-hike my way around, stay over with villagers, spend 15 hours sitting by the side of the road after a bus break-down or get smuggled in through unofficial border crossings. All that with an instinctive smile and irresistible good humour. Now, dump me in a lovely hotel where the staff is friendly and English-speaking, where the bathroom is clean and has a shower (as opposed to a water bucket), a bed, a fan and no cockroaches. Let me stay there for a while with enough money to get around easily and afford meals at mid-range restaurants. Leave me standing for a while, sneaking a look through the revolving glass doors and see if I am not boiling inside, dying for my life to get real.
Si on ne veut pas marcher à pied, parce qu'il fait trop chaud, que les trottoirs sont trop petits ou inexistants, qu'on a peur des voitures, ou que sais-je encore, on peut prendre les transports en commun. Le métro aérien, dit LRT, est un joli réseau coloré, climatisé, plein de gens bien élevés commme vous et moi, mais de type asiatique. Evidemment, tous les endroits ne sont pas desservis par ce merveilleux moyen de transport...pensez-vous, la vie serait trop simple ! Le bus, c'est toute une histoire pour seulement RM 2 par jour. Il faut que je vous raconte ca.
La fatigue se faisant sentir, notre petite Bretonne, toujours aussi rose et regrettant amèrement d'avoir montré le bout de son museau au soleil, s'apprête à rentrer à la maison pour se préparer un bon petit café glacé. Mais avant d'atteindre son but, il lui faudra subir quelques épreuves que nous nous proposons de relater pour toi, lecteur.
Se trouvant a Chow Kit, quartier éminemment populaire et complètement invraisemblable, elle n'a pas manqué de se faire saluer d'un jovial "hi" par nombre de passants, ainsi qu'un bus scolaire arborant des petites frimousses souriantes. La plus élémentaire politesse veut que l'on réponde tout aussi jovialement...c'est donc ce qu'elle fit. Grand mal lui en prit ! Elle se trouva happée par un jeune - certes plutôt bien mis de sa personne mais enfin...- qui continuait à lui parler une mixture incompréhensible de malais et d'anglais. Malgré moult tentatives pour lui intimer de passer son chemin, et d'aller dragouiller plus loin, elle ne parvint pas à le faire deguerpir. Voyant que sa force de persuasion n'y suffisait pas, et décidant d'éviter a tout prix l'esclandre, elle choisit la strategie de fuite et s'engouffra dans la station de LRT la plus proche. Le sourire goguenard de son voisin d'escalator acheva de lui faire perdre contenance.
Dans le LRT, lassée de contempler bêtement les affiches de promotion pour le "Axa plan" qui couvrent les murs, elle se laisse bercer et met un instant ses défenses en veille. La route est encore longue et il fait économiser ses forces.
Quelques minutes plus tard, elle se fraie un passage dans le tunnel qui mène à l'arrêt de bus. En fait de tunnel, c'est un long couloir qui évoque plus les ruelles du Mont-Saint-Michel saturées de boutiques que les boyaux du métro parisien. Comme il se doit, tous les bus défilent, tous sauf le sien. Elle se dit que sa patience sera recompensée, dans ce monde ou dans un autre, mais c'est une bien maigre consolation. Elle n'a pas plus tôt perdu espoir, que son bus s'avise de paraître. Victoire ! Béni soit KL Sentral !
Décomposition en direct de notre héroine : le conducteur n'a pas daigné jeter un coup d'oeil à ses signes, pourtant explicites...L'attente reprend, l'exaspération en plus. Un bus. Encore un bus. 63. 82. 71 (tiens, on s'approche). 65. 82 encore. ... 70 ! Elle court, elle gesticule, elle ... trop tard ! Personne ne l'avait prévenue qu'il etait de bon ton de s'entraîner au sprint avant de prendre le bus a KL.
Dans les histoires, le héros n'est pas toujours seul face à l'adversite. Un adjuvant se présente en la personne d'une dame qui attend elle aussi le capricieux bus. Elle lui indique le chemin pour partir a la poursuite du traître. Retraversée du tunnel, route, gens, arrêt de bus, stop. Elle n'avait jamais imaginé que monter dans un bus lui procurerait un tel soulagement. Alors, guillerette et soudainement redevenue bavarde, elle fait connaissance avec ce qui semble être un homme d'affaires indien (qui s'avère être pakistanais). Toute à sa conversation, notre héroine a failli manquer son arrêt, mais point trop n'en faut : elle s'en rend compte à temps et d'un saut de gazelle, rejoint le sol magique de Puchong.
- Location:KL
